Mesurer l'empreinte écologique

L'empreinte écologique est un instrument d'estimation de la responsabilité d'une personne, d'une organisation ou d'une population dans la consommation des ressources naturelles.

Le principe

Elle évalue la surface biologiquement productive nécessaire pour subvenir aux besoins d'une population sur une période donnée et pour absorber ses déchets.

Son calcul prend en compte la surface nécessaire à l'alimentation, la superficie forestière requise pour les besoins en bois et en papier, la surface occupée par le logement et les infrastructures, et la surface de forêt nécessaire pour absorber le dioxyde de carbone émis.

L'unité de mesure est l'hectare global, une unité de surface pondérée par la productivité biologique moyenne.

Chaque individu, famille, entreprise ou ville peut estimer son empreinte, ce qui en fait avant tout un outil pédagogique.

La biocapacité et le jour du dépassement

L'empreinte se compare à la biocapacité : la surface productive réellement disponible, rapportée à la population.

Lorsque l'empreinte dépasse la biocapacité, la population vit à crédit sur les stocks naturels. C'est le sens du « jour du dépassement », date à laquelle la consommation annuelle de l'humanité excède ce que la planète régénère en un an, une date qui a reculé de plusieurs mois depuis les années 1970.

Une déclinaison nationale existe : chaque pays a son propre jour de dépassement, calculé sur l'hypothèse que l'ensemble de l'humanité consommerait comme lui.

Ce que l'indicateur mesure, et ce qu'il ne mesure pas

Cette précision est indispensable à un usage honnête de la notion.

L'empreinte écologique est dominée, à hauteur d'environ soixante pour cent, par l'empreinte carbone convertie en surface forestière d'absorption. Elle est donc pour l'essentiel un indicateur climatique déguisé en indicateur de surface.

Elle ne mesure pas la perte de biodiversité, la pollution chimique, la raréfaction de l'eau douce, ni l'épuisement des ressources minérales, quatre enjeux majeurs qui n'ont pas d'expression en hectares.

Les méthodologistes eux-mêmes reconnaissent ces limites : l'empreinte est un outil de sensibilisation robuste, un outil de pilotage imparfait.

Les indicateurs complémentaires

L'empreinte carbone, exprimée en tonnes équivalent CO₂, plus directe et mieux documentée. En France, elle est calculée par personne en incluant les importations, ce qui donne une image plus juste que les seules émissions territoriales.

L'empreinte eau, qui distingue l'eau bleue prélevée, l'eau verte issue des précipitations et l'eau grise nécessaire à diluer les pollutions.

Les limites planétaires, cadre scientifique qui définit neuf processus régulant la stabilité du système terrestre et les seuils à ne pas franchir.

Et l'analyse de cycle de vie, seule méthode capable de comparer honnêtement deux produits sur plusieurs critères à la fois.

Calculer la sienne

Plusieurs calculateurs publics existent, et il vaut mieux employer ceux qui sont adossés à des bases de données documentées.

Les postes qui dominent le résultat d'un ménage français sont, dans l'ordre : les transports, l'avion en particulier, dont un seul vol long-courrier peut représenter plusieurs tonnes, , l'alimentation, le logement et son chauffage, puis les biens et services consommés.

Un résultat individuel doit se lire avec prudence : une part importante de l'empreinte d'un habitant d'un pays développé relève des services publics, des infrastructures et des choix collectifs, sur lesquels un comportement individuel n'a pas prise.

C'est la raison pour laquelle la mesure individuelle a un intérêt pédagogique, et ne suffit pas à définir une politique.

Liens utiles